10 choses à vérifier absolument avant de faire une offre d'achat
Prix réel du quartier, DPE, risques naturels, urbanisme, charges... Voici le checklist complet d'un acheteur averti avant de signer quoi que ce soit.
- •il est interdit à la location depuis 2025 (G) ou sera interdit en 2028 (F)
- •pour pouvoir louer - DPE F : travaux estimés
- •, interdiction en 2028 - DPE E : risque en 2034, isolation à prévoir

La plupart des acheteurs font une offre trop tôt
Vous avez visité le bien. Vous avez eu le coup de cœur. L'agent vous rappelle que "il y a beaucoup d'intérêt et une autre visite demain". Vous vous précipitez pour rédiger une offre.
C'est exactement là que se commettent les erreurs les plus coûteuses.
Un achat immobilier est souvent le plus grand investissement d'une vie. Quelques heures de vérification peuvent vous faire économiser des milliers — parfois des dizaines de milliers — d'euros.
Voici le checklist de ce que tout acheteur averti doit vérifier avant de soumettre une offre.
1. Le vrai prix du quartier (pas l'estimation du portail)
Les estimations en ligne (SeLoger, Leboncoin, MeilleursAgents) sont calculées à partir des prix demandés, pas des prix signés. La différence peut être de 10 à 30%.
Ce que vous devez vérifier : les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) — les transactions réelles enregistrées chez le notaire. Ce sont les seuls prix fiables. Ils sont publics et disponibles depuis 2014.
Outil recommandé : Score Adresse interroge la base DVF du Ministère des Finances et vous donne le prix médian au m² dans un rayon de 500 mètres autour de l'adresse précise.
Ce que ça change : si le bien est affiché 320 000 € et que le prix médian DVF de la rue est 5 200 €/m², vous savez qu'un T3 de 55 m² "vaut" environ 286 000 € selon les transactions réelles. Vous avez un argument.
2. La classe DPE et ses implications financières
Le Diagnostic de Performance Énergétique n'est pas qu'une formalité administrative. Depuis la loi Climat et Résilience, il a des conséquences directes et légales.
Ce que vous devez vérifier :
- La classe DPE du bien (A à G)
- Si le bien est classé F ou G : il est interdit à la location depuis 2025 (G) ou sera interdit en 2028 (F)
- Le coût énergétique annuel estimé
- Le montant des travaux pour atteindre la classe D ou E
Conséquences concrètes :
- DPE G : travaux obligatoires estimés 20 000 à 40 000 € pour pouvoir louer
- DPE F : travaux estimés 15 000 à 25 000 €, interdiction en 2028
- DPE E : risque en 2034, isolation à prévoir 8 000 à 15 000 €
- Un logement DPE F/G peut perdre 10 à 20% de valeur sur 5 ans
Ce que ça change : chaque lettre de DPE en-dessous de D est un argument de négociation chiffré. Un DPE G sur un bien affiché 250 000 € justifie une offre à 220 000 € ou moins, avec justification.
3. Les risques naturels officiels (Géorisques)
Chaque bien en France est répertorié dans la base Géorisques du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Cette information est publique et souvent ignorée par les acheteurs.
Ce que vous devez vérifier :
- Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRi) : surcoût assurance, difficultés de revente
- Retrait-gonflement des argiles : risque de fissures structurelles, réparations estimées 15 000 à 50 000 €
- Radon (classe 1, 2 ou 3) : traitement estimé 1 500 à 5 000 € en classe 3
- Sismicité (zone 1 à 5) : impact sur les normes de construction
- ICPE (Installations Classées) : présence d'une activité industrielle à proximité
Ce que ça change : un bien en zone argileuse élevée ou en PPRi justifie une décote systématique. L'assurance sera plus chère, la revente plus difficile. Ces éléments sont des leviers de négociation légitimes.
4. Les charges de copropriété réelles
L'annonce indique souvent "charges : 200 €/mois". Ce chiffre est rarement complet.
Ce que vous devez vérifier :
- Les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale
- L'état du fonds de travaux (doit représenter au moins 5% du budget prévisionnel)
- Les travaux votés ou à voter prochainement (ravalement, ascenseur, toiture...)
- Le diagnostic technique global (DTG) s'il existe
Ce que ça change : des travaux votés en AG mais non encore facturés peuvent représenter 5 000 à 30 000 € par lot. Ces informations doivent être remises par le vendeur (loi ALUR). Demandez-les systématiquement.
5. L'état du bâtiment — les diagnostics obligatoires
Le vendeur est légalement tenu de vous remettre un Dossier de Diagnostic Technique (DDT) avant la signature du compromis.
Ce que vous devez vérifier :
- DPE (déjà évoqué)
- Diagnostic amiante (pour les biens construits avant 1997)
- Diagnostic plomb (pour les biens construits avant 1949)
- Diagnostic termites (dans les zones à risque)
- État des installations électriques et gaz (si >15 ans)
- Diagnostic assainissement non collectif (pour les maisons)
Ce que ça change : un problème amiante ou plomb peut entraîner des coûts de désamiantage ou de déplombage de 5 000 à 50 000 €. Ces diagnostics influencent directement le prix justifiable.
6. Le Plan Local d'Urbanisme (PLU)
Vous achetez un pavillon avec un grand jardin en pensant à une extension ? Vérifiez d'abord le PLU.
Ce que vous devez vérifier :
- La zone (U, AU, N, A) et les règles associées
- Le coefficient d'emprise au sol (CES) et le coefficient d'occupation des sols (COS)
- Les servitudes d'utilité publique
- Les projets d'aménagement à proximité (consultation du cadastre + PLU)
Comment accéder : mairie ou Géoportail de l'urbanisme (geoportail-urbanisme.gouv.fr)
7. L'historique des prix du bien
Un bien qui traîne depuis 6 mois sans offre envoie un signal.
Ce que vous devez vérifier :
- Date de première mise en ligne (consultez les archives des annonces)
- Baisses de prix déjà effectuées
- Nombre de visites déclarées vs durée de mise en vente
Ce que ça change : un bien sur le marché depuis plus de 90 jours avec plusieurs baisses de prix indique un vendeur sous pression. Votre marge de négociation est plus importante que vous ne le pensez.
8. L'environnement immédiat
Ce que vous ne voyez pas lors d'une visite d'une heure.
Ce que vous devez vérifier :
- Visitez à différentes heures (matin, soir, weekend)
- Vérifiez le bruit (rue, voisinage, terrasses de café...)
- Renseignez-vous sur les projets de construction à proximité (permis de construire consultables en mairie)
- Niveau de luminosité à différentes saisons (orientation, vis-à-vis)
9. La situation financière du vendeur
Comprendre la motivation du vendeur vous donne un avantage.
Signaux d'un vendeur pressé :
- Déménagement professionnel imposé
- Succession ou divorce
- Bien vide (double charge)
- Baisse de prix rapide
Ce que ça change : un vendeur sous pression acceptera plus facilement une offre en dessous du prix affiché. Un acheteur informé peut négocier 5 à 15% sur un bien "bloqué" depuis plusieurs mois.
10. Le financement et les clauses du compromis
Ce que vous devez vérifier :
- Votre capacité d'emprunt réelle (simulez avec votre banque avant de faire une offre)
- Le délai de rétractation de 10 jours après signature du compromis
- Les conditions suspensives (obtention du prêt, absence de préemption)
- Le délai de signature définitive (généralement 3 mois)
Ce que vous devez savoir : la clause de condition suspensive d'obtention de prêt vous protège. Si vous n'obtenez pas le financement, vous récupérez votre dépôt de garantie.
Récapitulatif : votre checklist en 2 minutes
| Vérification | Source | Impact estimé | |---|---|---| | Prix DVF du quartier | Score Adresse / data.gouv.fr | 5–30% sur l'offre | | DPE et passoire thermique | Score Adresse / diagnostiqueur | 10–20% décote | | Risques naturels (Géorisques) | Score Adresse / georisques.gouv.fr | 3–10% décote + assurance | | Fiche bâtiment (cadastre, construction) | Score Adresse / IGN | +2–5% de marge si ancien | | Zone PLU et constructibilité | Score Adresse / Géoportail | Bloque projets extension | | Potentiel locatif et rendement | Score Adresse | Valide ou invalide l'investissement | | Charges copro réelles | PV d'AG + état fonds travaux | 5–30k€ de travaux cachés | | Diagnostics techniques (DDT) | Vendeur (obligatoire) | Variable | | Historique du bien | Archives annonces | +5–15% marge négo |
Comment accélérer cette vérification ?
Score Adresse permet de couvrir les points 1, 2, 3, 4 et 5 en 30 secondes — automatiquement et gratuitement, pour n'importe quelle adresse en France.
Vous obtenez :
- Le prix médian DVF réel dans un rayon de 500 mètres
- La performance énergétique (DPE) du secteur, avec alerte passoire thermique
- Les risques naturels Géorisques identifiés
- La fiche bâtiment — période de construction, diagnostics obligatoires déduits
- La zone PLU — constructibilité, potentiel d'extension, contraintes
- Le potentiel locatif — loyer estimé, rendement brut, tension locative
- Une marge de négociation estimée en euros
Avant de faire votre prochaine offre, vérifiez l'adresse.
Ce que disent les chiffres : les erreurs les plus coûteuses des acheteurs
Une étude publiée par les Notaires de France en 2024 sur un panel de 2 400 acquéreurs montre que 68% d'entre eux estiment avoir payé leur bien au juste prix — alors que les données DVF révèlent un écart médian de 6,4% entre le prix signé et le prix médian des transactions comparables de la même rue sur 24 mois.
Autrement dit : la majorité des acheteurs pensent avoir bien négocié quand ils auraient pu économiser en moyenne 15 000 à 22 000€ sur un bien à 300 000€, simplement en disposant des données publiques disponibles.
Les 3 postes d'erreur les plus fréquents
Erreur 1 : ignorer le prix médian DVF de la rue. La confusion entre prix affiché et prix de vente réel coûte en moyenne 4,7% aux acheteurs d'appartements et 6,2% aux acheteurs de maisons (Notaires de France, 2024). Sur un budget de 250 000€, l'écart représente entre 11 750€ et 15 500€.
Erreur 2 : sous-estimer le coût réel d'un DPE dégradé. Un DPE G sur un bien affiché "à rénover" cache souvent des travaux d'isolation thermique de 25 000 à 50 000€ que l'acheteur n'a pas intégrés dans son plan de financement. La découverte après signature peut provoquer un déséquilibre financier important, voire mettre en danger la capacité de remboursement si le crédit a été calibré au prix d'achat seul.
Erreur 3 : ne pas vérifier les risques naturels avant la visite. Un bien en zone argileuse forte (retrait-gonflement des argiles) présente un risque de fissuration structurelle qui peut nécessiter une reprise de fondations entre 15 000 et 50 000€. Ce risque est lisible en 30 secondes sur la carte Géorisques — mais 80% des acheteurs ne la consultent pas avant de faire une offre.
La checklist simplifiée : ce que vous pouvez vérifier en moins d'une heure
Toutes les vérifications de cette checklist ne demandent pas un expert. La majorité est accessible gratuitement et en ligne.
Avant la visite (15 minutes)
- Entrer l'adresse sur Score Adresse : prix DVF du secteur, DPE du bien, risques naturels, zone PLU
- Vérifier la date de première mise en vente (pages d'archives Google, Wayback Machine)
- Regarder l'historique des prix sur Meilleurs Agents ou SeLoger (baisses successives = vendeur sous pression)
Pendant la visite (30 minutes supplémentaires)
- Demander à voir le DPE complet (pas seulement l'étiquette) avec la consommation réelle en kWh/m²/an
- Poser la question directe : "Depuis combien de temps le bien est-il en vente ?" et "Y a-t-il eu d'autres offres ?"
- Observer l'état des menuiseries, de la toiture visible, des joints de façade — indices de travaux à venir
- Vérifier l'orientation (ensoleillement) et le vis-à-vis depuis les pièces principales
Avant l'offre (30 à 60 minutes supplémentaires)
- Consulter les 3 derniers PV d'AG (copropriété) et relever les travaux votés
- Demander l'avis de taxe foncière de l'année précédente
- Calculer le rendement locatif brut si le bien est un investissement
- Vérifier le PLU sur le Géoportail de l'Urbanisme pour les projets d'extension
Questions fréquentes avant de faire une offre
Quelle est la durée de validité d'une offre d'achat ?
En France, l'acheteur fixe lui-même la durée de validité de son offre (généralement 5 à 10 jours). Passé ce délai sans réponse, l'offre est caduque. Le vendeur peut refuser, accepter ou faire une contre-proposition. Une fois l'offre acceptée par écrit, les deux parties sont engagées jusqu'à la signature du compromis. Attention : si le vendeur accepte puis se rétracte, il s'expose à des dommages et intérêts, mais l'acheteur doit engager une procédure judiciaire pour les obtenir.
Peut-on faire une offre en dessous du prix affiché ?
Oui, et c'est même recommandé quand les données DVF le justifient. Une offre fondée sur des données objectives (prix médian DVF de la rue, DPE F/G, risques naturels détectés) est plus solide qu'une négociation intuitive. En 2024, l'écart moyen entre prix affiché et prix de vente réel est de 4,7% sur les appartements et 6,2% sur les maisons (source : Notaires de France). Sur un bien à 300 000€, cela représente entre 14 000 et 19 000€ de marge de négociation statistiquement observée.
Que se passe-t-il si plusieurs acheteurs font une offre au prix ?
Dans ce cas, le vendeur est libre de choisir l'offre qu'il préfère, sans obligation légale d'accepter la première. Il peut aussi lancer un système d'appel d'offres ou de surenchères, bien que non codifié en France. Pour maximiser vos chances face à la concurrence, une offre au prix avec des conditions suspensives légères (financement solide, délai de réalisation court) sera plus attractive qu'une offre inférieure au prix.
Quels documents demander avant de faire une offre ?
Avant toute offre, exiger : le DPE complet avec étiquette énergie et climat (obligatoire), le carnet d'entretien de copropriété (pour un appartement), les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale, le relevé de charges des 2 dernières années, le diagnostic amiante (avant 1997), le diagnostic plomb (avant 1949), l'état des risques naturels et technologiques (ERNT, obligatoire), et le diagnostic termites (zones à risque). Ces documents sont obligatoires avant le compromis mais les obtenir avant l'offre vous protège.
Comment savoir si le prix affiché est justifié ?
La seule source fiable est la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) du Ministère des Finances, qui recense toutes les transactions notariales depuis 2014 avec l'adresse, la surface et le prix exact. Comparer le prix au m² demandé avec le prix médian DVF des transactions similaires dans un rayon de 200 à 500 mètres vous donne une base objective de négociation. Score Adresse fait ce calcul automatiquement pour toute adresse française.
Avertissement :Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement immobilier, juridique ou fiscal. Les données DVF, DPE et Géorisques sont indicatives et doivent être vérifiées auprès d'un professionnel qualifié (notaire, diagnostiqueur certifié, expert immobilier) avant toute décision d'achat. Score Adresse n'est pas une agence immobilière agréée et ne perçoit aucune commission sur les transactions.
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